De très nombreuses marques, qu’elles soient françaises ou étrangères, proposent les marges incluses dans leurs patronages. C’est même carrément devenu pour certaines clientes une condition essentielle à l’achat d’un patron.

C’est dire l’importance de ces fameuses marges pour pas mal de gens ! Raison pour laquelle, il m’arrive de recevoir des remarques ou critiques sur l’absence des marges incluses dans mes patrons. Mais je ne me démonte pas, car c’est un choix totalement assumé aujourd’hui.

#1 Au commencement des Patrons Couturette, il y avait AYA…

Lorsque j’ai décidé de me lancer dans la vente de mes propres patrons de couture en 2017, je me suis mise en quête d’une modéliste. Je ne me sentais pas capable de numériser et grader moi-même les modèles que je crée. Il me fallait donc quelqu’un qui en a la compétence et l’équipement… Et c’est une certaine A., forte d’une expérience de plus de 20 ans, qui m’a accompagnée dans cette aventure.

Au départ, pour faire comme tout le monde, j’avais vraiment l’intention d’inclure les marges de couture dans mes patrons. Mais A. m’en a dissuadée en m’expliquant qu’elle préférait travailler sans. Je n’ai pas imposé mes vues, après tout, c’était elle la professionnelle ! Nous avons donc lancé le tout premier patron en 2018, sans les marges.

A. a numérisé et gradé tous mes patrons pendant deux ans et c’est avec regret que j’ai appris qu’elle souhaitait arrêter son activité de freelance pour la sécurité de l’emploi. Ce que je comprends totalement !

#2 Recherche partenaire particulière…

Avec le départ d’A., il était urgent pour moi de trouver une nouvelle modéliste. J’ai donc écumé Internet dans une recherche éperdue pour trouver quelqu’un capable de répondre à mes besoins. Cette personne devait s’adapter au “style” et à la gradation de mes patrons pour ne pas créer la confusion auprès des clientes fidèles à Couturette. Par ailleurs, alors qu’avec A., nous n’avions que des échanges par mail ou courrier pour cause de grande distance, cette fois j’avais envie d’une modéliste qui soit près de chez moi et que je puisse rencontrer régulièrement. Enfin, j’avais aussi envie d’ajouter l’option des marges avec cette nouvelle partenaire !

J’ai eu beaucoup de mal à trouver et finalement, le miracle ! Au détour d’une recherche sur Facebook, je suis tombée sur C., freelance, exerçant dans les environs. C’était exactement ce que je voulais ! Nous avons pris contact, discuté ensemble de ce dont j’avais besoin et de ce qu’elle était capable de faire et avons décidé de nous lancer sur un premier modèle : LINA.

J’avais bien sûr pris connaissance de ses tarifs qui correspondaient à peu de choses près à ceux que facturait A. Mais comme une débutante, je n’ai pas pris le temps de demander un devis précis et c’est en recevant la facture, une fois le travail effectué, que je suis tombée de ma chaise. C’était plus du triple de ce que j’avais pour habitude de débourser pour un patron.

Bien sûr, le nombre de pièces et de tailles influe nécessairement sur le prix mais là, j’avais pu comparer avec un patron identique en nombre de pièces/tailles fait par A… et c’était beaucoup trop élevé… Ça l’était d’ailleurs d’autant plus qu’en parallèle de la modéliste, il y a la graphiste et l’illustratrice à payer.

Bref, autant te dire que ce patron m’a coûté un bras ! Mais puisque c’était moi qui n’avait pas exigé de devis et qu’il y avait clairement eu quiproquo sur le tarif, j’ai accusé le coup (coût !) en me disant qu’on ne m’y reprendrait plus…

#3 On n’est jamais mieux servi que par soi-même ?

Après cette grosse claque financière, je me suis dit que ce serait certainement très compliqué de trouver une modéliste proposant les tarifs de A. que j’estimais déjà plus que corrects. Alors je me suis dit que je pourrais peut-être envisager de faire le travail moi-même, en me “formant” d’une certaine manière et en trouvant une méthode simple, rapide et efficace pour numériser et grader mes patrons.

J’ai regardé des dizaines de vidéos, lu des articles, j’ai essayé, réussi, échoué… C’était très intéressant et j’ai appris beaucoup de choses ! Mais clairement, c’était beaucoup trop fastidieux et décourageant. Ça prenait un temps fou et avec un bébé, je ne pouvais pas l’envisager sérieusement.

J’ai laissé passer quelques semaines et j’ai recommencé à chercher quelqu’un, sans conviction. J’ai envoyé des mails à des agences et des freelances, posté ma recherche sur des forums ou des groupes Facebook. À chaque retour, j’ai demandé le tarif pour un chemisier de 9 pièces, en 11 tailles. Parce que oui, clairement, il me fallait une confirmation que j’avais payé beaucoup trop cher pour LINA. Ça m’était resté en travers…

Verdict ? Aucun prestataire, même celui au tarif le plus “élevé”, n’était pas à ce prix. Le maximum était même de la moitié du tarif que j’avais payé… Gros choc sur le coup mais surtout un énorme soulagement d’avoir enfin trouvé ce que j’avais mis tant de temps à trouver !

#4 You’re HIRED !

Après avoir demandé plusieurs devis (j’ai retenu la leçon t’as vu ?), j’ai choisi d’engager V. pour les deux patrons suivants qui étaient prêts et validés. Le devis était plus que convenable et j’avais bien posé toutes les questions au préalable pour éviter toute espèce de quiproquo ou incompréhension mutuelle. Tout semblait bon et ça l’a été. A l’heure où j’écris cet article, je viens tout juste de recevoir les fichiers numérisés et gradés des patrons sur lesquelles elle a travaillé et je n’ai rien à redire.

Concernant les marges, (on parlait de ça à la base, non ?), j’ai finalement décidé qu’elles n’étaient pas nécessaires pour deux raisons ! La première c’est qu’elles parasitent complètement l’esprit quand on veut modifier un patron. Pour n’importe quel changement, il faut donc au préalable retirer toutes les marges pour pouvoir modifier le patron. Et puisque chaque marque n’a pas forcément les mêmes marges (0,5 – 0,7 – 1 – 1,5 – 2 – 3 – 4 cm…), c’est juste infernal.

Je t’en avais d’ailleurs parlé rapidement dans cet article sur l’agrandissement d’un patron de chez Charlotte Auzou qui, soit dit au passage, a eu la bonne idée de proposer des fichiers AVEC et SANS marges incluses. Parfaits donc quand on veut pouvoir modifier tranquillement, sans s’arracher les cheveux.

La deuxième raison, c’est que le type de marges dépend de chaque personne ! Certaines estimeront que 1 cm, c’est trop peu et préfèreront couper plus large au cas où… D’autres choisiront de faire des coutures anglaises en ajoutant 1,5 cm de marge. Quant aux ourlets, les conventions ne touchent guère tout le monde. Pour certaines ce sera  un ourlet simple à 1 cm voire 0,5 cm. Pour d’autres ce sera des ourlets larges de 3 cm…

Bref, tu l’auras compris la présence de marges dans un patron n’a qu’un seul but : aller plus vite ! Mais est-ce que c’est vraiment plus long de couper 1 cm plus large qu’une pièce de patron ? Hum… je te laisse y réfléchir ! 😉

Auteur Sarah S.

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