Je ne sais pas pour toi, mais je ne mets personnellement plus les pieds dans les enseignes de prêt à porter depuis longtemps.

Les rayons ont beau être pleins à craquer, il n’y a pas paradoxalement pas assez de choix ! Ce sont finalement toujours les mêmes modèles, les mêmes tissus ou les mêmes motifs… et souvent, il m’est juste impossible de trouver la robe, la blouse ou la veste parfaite.

Je me retrouve donc à errer dans les allées, à la recherche du modèle que j’ai en tête ou d’une pépite, un peu malgré moi pour au final ressortir sans rien. Soit parce que je ne trouve pas de coupe faite pour ma morphologie, soit parce que ma taille n’existe pas pour ce vêtement, soit parce que ça ne correspond tout simplement pas à ma personnalité…

Ces enseignes sont, au final, devenues pour moi de véritables nids à complexes, car il n’y a pas pire expérience pour qui aime s’habiller, que de sortir d’un magasin en ayant le sentiment d’être inadaptée. Le manque de choix ou un panel de tailles trop restreint et nous voilà dépitées, accusant le coup.

Cette frustration pousse d’ailleurs beaucoup d’entre nous vers la couture ! Et puis tant qu’à faire, on se dit que ça nous fera faire des économies…
Ah les belles illusions des débuts !

Eh oui parce que si tu couds déjà depuis un moment, tu sais que ce n’est pas nécessairement vrai. L’investissement de départ pour une débutante n’est certes pas très important mais avec l’expérience nait très vite l’envie d’un matériel plus efficace et donc, plus cher.

D’une machine premier prix, on passe rapidement à une moyenne gamme puis à l’électronique. S’ajoute à cela la mercerie nécessaire au seul fonctionnement de la machine comme les canettes, le fil ou les pieds presseur. N’oublions pas aussi le matériel de mesure et de découpe, les patrons ou les magazines, les bouquins, le tissu et même la mise en place d’un atelier à la maison pour les plus chanceuses… Sans compter tous les achats coups de coeur et autres joyeusetés ô combien essentielles !

Bref, la couture nécessite un certain nombre de dépenses indispensables qui vont sensiblement augmenter si tu souhaites faire de la couture ton métier. Penser faire des économies en cousant ses propres vêtements, est donc de loin la motivation la moins réaliste.

 

Par contre, s’il y a un argument qui commence à être de plus en plus audible, c’est bien celui de l’écologie. Car il faut quand même savoir que l’industrie de la mode est la plus polluante après celle du pétrole et nous dirige droit vers une catastrophe écologique sans précédent.

Les enseignes de prêt à porter ont popularisé des vêtements à petits prix mais jetables et de mauvaise qualité. Avec de nouveaux arrivages toutes les deux semaines et plusieurs collections par an, elles ne font que pousser vers un consumérisme débridé et inconscient ! Il suffit de voir la folie des masses lorsqu’un Primark s’installe dans la ville…

Coudre peut alors devenir un véritable geste citoyen de lutte contre la fast-fashion puisqu’en ne mettant pas ton argent dans une industrie qui n’a que faire de la planète, qui n’a ni moralité, ni éthique, tu deviens actrice de ta consommation et non plus une victime collatérale.

Le textile qui nous est tant utile pour coudre, participe malheureusement aux ravages environnementaux puisque sa production nécessite des colorants et des produits chimiques. Se diriger, à termes, vers des tissus biologiques et teintés naturellement peut donc être une option écologique non négligeable.

Mais cela a un coût et ton pouvoir d’achat ne te permet pas forcément de bénéficier de tissus bio et durables, créés localement ou à l’autre bout de la terre. C’est aussi cela le paradoxe de notre société… on ne gagne pas assez pour avoir la possibilité de participer au bien-être de la planète…

Cependant culpabiliser n’est pas la solution car sans tissu, point de couture. N’oublie pas non plus qu’en cousant, tu participes déjà à ta mesure à l’écologie. Tu fais vivre une économie parallèle et des petites entreprises, tu luttes contre des empires et tu réfléchis mûrement à ton projet avant de te lancer.

Ta passion te coûte quelques euros en plus mais elle reste conscientisée et intelligente. Tu fais déjà un pas de géant et rien que pour ça, tu peux t’en féliciter !

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